Faire de la transformation du textile un sujet de société
Du 11 au 13 septembre, la Fête de l’Humanité a une nouvelle fois constitué un grand espace de rencontres, de débats et d’échanges. Parmi les nombreux sujets abordés : notre manière de produire, d’acheter, d’utiliser et de réemployer nos vêtements.
Un sujet qui résonne tout particulièrement avec les engagements de M Demain.
Cette année, le Fonds a choisi d’apporter son soutien à Oxfam France dans le cadre de ses programmes consacrés à la transformation de la filière textile. À la Fête de l’Humanité, Jean Billant, Vice-Président de M Demain, a ainsi pu retrouver les équipes d’Oxfam France et assister aux échanges consacrés aux enjeux actuels de la filière textile et de la seconde main solidaire.
Cette rencontre intervenait quelques jours seulement après la publication par Oxfam France d’une étude consacrée au réemploi solidaire et aux profondes différences qui existent entre les modèles de seconde main.
La seconde main, oui. Mais quelle seconde main ?
Le constat de départ est encourageant : la seconde main est désormais pleinement entrée dans les habitudes des Français. Selon l’étude publiée par Oxfam France, une personne sur deux déclare avoir acheté un produit de seconde main au cours des douze derniers mois.
Faire durer un vêtement, favoriser son réemploi et éviter la production systématique de produits neufs constituent autant de leviers indispensables pour réduire l’empreinte environnementale du textile.
Mais derrière le terme générique de « seconde main » coexistent aujourd’hui des modèles très différents.
L’étude d’Oxfam France met notamment en lumière les différences entre les structures historiques du réemploi solidaire et l’essor des plateformes numériques et des acteurs lucratifs. Les bénéfices environnementaux de la seconde main peuvent en effet être amoindris par certaines pratiques : multiplication des achats, transport des colis, logistique ou encore effets de surconsommation.
À l’inverse, les acteurs du réemploi solidaire associent à la prolongation de la durée de vie des vêtements une autre dimension essentielle : celle de l’utilité sociale.
Quand l’impact environnemental rencontre l’impact social
C’est tout l’intérêt du modèle défendu par le réemploi solidaire : faire d’un même vêtement un levier environnemental, économique et social.
Collecter localement, trier, remettre en circulation et rendre les vêtements accessibles permet de limiter la consommation de nouvelles ressources. Mais ces activités contribuent également à créer des emplois locaux, soutenir l’insertion, financer des actions d’intérêt général et rendre l’habillement accessible au plus grand nombre.
Cette approche rejoint directement la vision portée par M Demain : la transformation écologique de la filière textile ne peut être pensée indépendamment de ses dimensions humaines, sociales et territoriales.
L’économie circulaire prend tout son sens lorsqu’elle ne consiste pas seulement à faire circuler davantage les objets, mais aussi à créer autour d’eux de nouvelles formes de solidarité.
Soutenir celles et ceux qui documentent et font évoluer la filière
En soutenant Oxfam France, M Demain souhaite également contribuer à un autre enjeu : mieux documenter les transformations en cours et permettre au plus grand nombre de comprendre les choix qui se présentent aujourd’hui à la filière textile.
Produire autrement, consommer moins de ressources, prolonger la durée de vie des vêtements, soutenir des filières responsables et mesurer réellement les impacts de nos pratiques sont autant de chantiers complémentaires.
La présence de M Demain à la Fête de l’Humanité aux côtés d’Oxfam France s’inscrit pleinement dans cette démarche : faire circuler les connaissances, confronter les modèles et contribuer à mettre les enjeux environnementaux et sociaux du textile au cœur du débat.
La seconde main constitue une formidable opportunité pour transformer notre rapport au vêtement. À nous collectivement de faire en sorte que son développement soit synonyme de progrès environnemental, mais aussi de solidarité.